Concevoir un exercice de sécurité de A à Z !

 
Concevoir un exercice de sécurité de A à Z !

Un exercice de sécurité civile dure à peine quelques heures, pendant lesquelles les services de l’État et l’ensemble des acteurs publics ou privés concernés répètent les conduites à tenir en cas d’incident. Bien avant le jour J, il va pourtant nécessiter des semaines de préparation. Démonstration avec l’exercice du plan particulier d’intervention d’Howa Tramico, qui a eu lieu en décembre 2021.

Les exercices de sécurité civile permettent aux services de l’État, aux collectivités et aux opérateurs privés et publics de se préparer à la gestion opérationnelle des crises. Ils peuvent être organisés sur différentes thématiques comme les accidents routiers de grande ampleur, les accidents ferroviaires, fluviaux ou encore porter sur le risque terroriste.

Il existe toutefois des exercices dont la périodicité est encadrée. Il s’agit des exercices des sites industriels soumis à l’élaboration d’un plan particulier d’intervention (PPIPlan particulier d'intervention). Ce sont des sites classés SEVESO seuil haut, au sein desquels un évènement majeur (intrusion, incendie, explosion…) peut entraîner des conséquences sanitaires et environnementales aux abords de l’usine. Ces entreprises doivent faire 3 exercices par an pour tester leur plan d’organisation interne (POIplan d'organisation interne), déclenché lorsque l’incident reste circonscrit au site et le PPIPlan particulier d'intervention, qui est lui déclenché lorsque l’incident peut produire des conséquences hors du site doit être testé et mis à jour tous les 3 ans.

C’est dans ce cadre que l’entreprise Howa Tramico à Brionne, qui fabrique principalement de la mousse polyuréthane pour l’industrie automobile, a accueilli un exercice.

Piloté par le service interministériel de défense et de protection civile de la préfecture (SIDPC) de l’Eure, le travail sur la conception de l’exercice a débuté plusieurs mois auparavant. En effet, une première réunion avec l’ensemble des services et collectivités concernés et organisée chez l’exploitant a permis de déterminer les grandes lignes du scénario, ainsi que les procédures que chaque chacun souhaitait tester. Une deuxième réunion, organisée quelques semaines plus tard, a permis de valider le déroulé de l’exercice. Celui-ci est matérialisé par un chronogramme qui indique minute par minute l’ensemble des problématiques que devront traiter les joueurs.

Le 15 décembre vers 16 heures 30, l’évènement se produit. Un incendie débute dans un des bâtiments de l’usine, abritant de grandes quantités de mousse polyuréthane, un produit hautement inflammable. L’entreprise fait évacuer ses salariés, déclenche son POIplan d'organisation interne et ouvre un poste de commandement exploitant, dont le rôle sera d’assurer la gestion de crise interne de l’exploitant.

La cellule animation de l’exercice, composée de représentants de l’ensemble des services et opérateurs impliquée, se tient prête. Cette équipe occupe un rôle de « maître du jeu ». Ses membres font dérouler le scénario formalisé dans le chronogramme et personnifient les interlocuteurs potentiels des services qui jouent l’exercice. En se faisant passer pour des riverains excédés ou des journalistes curieux, ils participent à donner aux joueurs un cadre réaliste à l’exercice.

Un peu plus tard, lorsque l’incendie devient difficile à maîtriser, le PPIPlan particulier d'intervention est déclenché. Un poste de commandement opérationnel (PCO), dirigé par la sous-préfète de Bernay est monté sur site et permet la coordination des acteurs du terrain et la mise en œuvre opérationnelle des axes stratégiques. Ce PCO reçoit l’appui du Centre Opérationnel Départemental (COD) qui se trouve en préfecture dont le rôle est l’anticipation et la définition des axes stratégiques. Au niveau communal, un poste de commandement est ouvert en mairie de Brionne, dont le rôle est d’engager les actions du plan communal de sauvegarde et d’assurer l’information du public et sa prise en charge.

La réponse opérationnelle ne se fait pas attendre. Le SDISService départemental d'incendie et de secours continue la lutte contre l’incendie, la gendarmerie sécurise les abords et le conseil départemental met en place une déviation routière.

Vers 21 h, la situation est sous contrôle et la fin de l’exercice est déclarée. Ce n’est pas pour autant la fin des efforts : chaque participant est invité à faire un retour d’expérience qui servira à l’amélioration continue des exercices et à la mise à jour du PPIPlan particulier d'intervention de l’entreprise. Une façon de s’assurer que les informations sont toujours à jour et adaptées à la réalité du terrain, pour protéger au mieux les riverains en cas d’incident réel.